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COVID : LA MENACE D'UNE 9E VAGUE AVANT NOËL ?

Mardi 29 Novembre - 16:05

Santé


Table de fête - © CC0
Avec la baisse des températures et la présence d'un nouveau variant, le virus du Covid-19 refait parler de lui, près de trois ans après le début de la pandémie.


L'épidémie de Covid-19, qui a connu en France une brève accalmie après une vague au début de l'automne, est en train de repartir. Le vendredi 25 novembre, 48.629 nouveaux cas ont été enregistrés, contre 33.177 nouveaux cas le vendredi précédent, soit une hausse de 46%.

Le rebond actuel se traduit déjà par une "reprise à la hausse des nouvelles hospitalisations et admissions en soins critiques", après "quatre semaines de baisse", observe Santé publique France dans son dernier point hebdomadaire. Plus de 4.500 hospitalisations ont été enregistrées sur les sept derniers jours.

"Le fameux R, le taux de reproduction du Covid, est supérieur à 1 depuis plusieurs jours, ce qui signifie que l'incidence du nombre de cas augmente : on est dans un début de courbe plus ou moins exponentielle", indique Pascal Crépey, épidémiologiste à l'École des hautes études de santé publique.

"Ce n'est pas très étonnant, car cette période de l'année est la plus favorable aux transmissions de virus", ajoute-t-il.

De quoi craindre une 9e vague ?


"On est sur un plateau haut", a jugé ce lundi Brigitte Autran, la présidente du Covars (l'organisme qui a succédé au Conseil scientifique), refusant de trancher pour le moment entre "rebond" ou "nouvelle "vague".

Pour certains experts, pas de doute : "Une neuvième vague est en train de se former en France et plus généralement en Europe, en Asie du sud-est, et en Amérique du Nord", déclare Antoine Flahault, directeur de l'Institut en santé globale de l'Université de Genève.

Une vague "mue en France par le sous-variant BQ.1.1 d'Omicron, responsable de l'augmentation récente des contaminations, mais aussi des hospitalisations", selon lui. BQ.1.1 est en train de remplacer progressivement BA.5.

À quoi s'attendre pour les fêtes ?


Il a toujours été difficile de prédire l'évolution de la pandémie. Encore une fois, il est "compliqué de prévoir ce qui va se passer", relève Pascal Crépey. En France, "si on se base sur les années précédentes, on peut s'attendre à ce que la courbe continue de monter et que les vacances de Noël offrent un premier répit", grâce aux congés scolaires, selon Antoine Flahault.

Parmi les inconnues, le sous-variant BQ1.1, qui pourrait devenir majoritaire, est-il plus ou moins transmissible ou résistant aux anticorps issus de la vaccination ou d'une infection antérieure ?

Est-on mieux armés qu'auparavant ? Sans aucun doute. Huit premières vagues ont apporté une certaine immunité à la population, par ailleurs largement vaccinée, mais qui est en retard pour les deuxièmes rappels.

Des traitements ont prouvé leur efficacité, notamment le Paxlovid, du laboratoire Pfizer, un antiviral qui permet d'empêcher l'évolution vers des formes graves. Mais il doit être prescrit davantage aux personnes à risque, comme Brigitte Autran l'a rappelé. "La situation est plus favorable qu'il y a trois ans, mais paradoxalement plus complexe", estime Pascal Crépey. Parce qu'"on ne mesure pas bien aujourd'hui le niveau d'immunité de la population et qu'il y a davantage de variants qui circulent".

Quels sont les risques ?


Chez les 60-79 ans, seuls 37% sont considérés comme protégés par la vaccination ou une précédente infection?; chez les 80 ans et plus, 21%, selon le ministère de la Santé et de la prévention.

Les niveaux de vaccinations ne sont aujourd'hui "pas suffisants", a indiqué ce mardi le ministère lors d'un point presse. "Il reste trois semaines de mobilisation avant Noël, c'est maintenant que ça se joue", a-t-il lancé.

Par ailleurs, si le nombre total de patients hospitalisés (moins de 19.000) reste nettement inférieur aux plus hauts niveaux observés cette année, cette reprise risque de percuter un système de santé déjà en difficulté. L'hôpital est en effet éprouvé par une épidémie de bronchiolite d'une ampleur sans précédent, alors que la grippe saisonnière, qui se profile, fait craindre l'impact d'une "triplédémie".